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ESPAGNE

 

La Grande Espagne ! Première nation de l’Europe et du monde !! Ce temps n’est pas si lointain où grâce à l’or ramené par d’innombrables galions et à un pouvoir politique et diplomatique fort, les tercios régnaient sur l’Europe . Après la perte de l’hégémonie Européenne issue de la séparation des trônes d’Espagne et d’Autriche, les troubles amenés par la guerre de succession au début du XVIIIe siècle et l’avènement des Bourbons sur l’antique trône de Charles Quint, le royaume à su redevenir une puissance, essentiellement coloniale et commerciale, majeure et le règne de votre père Charles III fut empreint de grandeur, celui-ci ayant su s’entourer de ministres éclairés .

 

L’INDISPENSABLE DON MANUEL :

Vous êtes conscient vous, Charles IV que depuis 1788 et votre avènement, l’Espagne subit un semblant de famille royale et une nouvelle déchéance . Il est plus que jamais certain que l’avenir du pays est entre vos mains et dépend de votre énergie ! Jusqu’à maintenant, on vous a qualifié d’honnête et bien intentionné, mais aussi de trop faible pour entreprendre l’indispensable œuvre de régénération nationale . Toujours par manque de vigueur et d’énergie

Energie qui, jusqu’à maintenant vous à fait grandement défaut ! Ce ne sont pourtant pas les qualités qui vous manquent, mais il est tellement plus simple de faire confiance à votre cher ami Don Manuel Godoy, le prince de la paix … Ses conseils furent toujours bons et avisés et puis, n’est il pas le plus ferme soutien de votre trône .

La confiance dont vous l’honorez cause d’ailleurs de très nombreuses jalousies de la part des grands d’Espagne et du clergé qui a perdu une bonne part de son influence ! Cela explique sans doute les folles rumeurs mettant en doute la fidélité de votre Reine Marie Louise de Parme et de votre cher Don Manuel . Rumeurs vraisemblablement propagées, également, par l’héritier de la Couronne, Ferdinand le prince des Asturies, " mauvais fils " justement rejeté par votre épouse….Ces mêmes rumeurs qui font état des reproches de la noblesse, du clergé et du peuple à l’encontre de votre volonté de garder auprès de vous un favori détesté par tous ! Le pays lui reproche moins d’être (dit-on !) l’amant de la reine que l’arbitre suprême du destin du pays, avec ce que ce pouvoir exorbitant entraîne d’abus et d’erreurs . On dit Godoy malléable et fasciné par Napoléon Bonaparte et on lui préfèrerait largement Ferdinand, l’héritier de la couronne, dont la popularité grandit au fur et à mesure que deviennent notoires ses mauvais rapports – faits de jalousie, de mépris et de défiance – avec le prince de la paix .

Mais revenons sur votre royaume et faisons preuve d’un peu de lucidité …

 

POLITIQUE INTERIEURE ET EXTERIEURE :

A l’intérieur vous commandez à un peuple de cultivateurs et de bergers, plus ou moins médiocres, par l’intermédiaire obligé des Grands d’Espagne et du clergé et au dehors à des possessions sur lesquelles le soleil n’a pas encore pris le parti de ne plus se coucher . Des Philippines aux Antilles et de la Californie à la Terre de feu résonne la langue de Castille .

Et bien que bien moins pourvu d’or qu’auparavant (en grande partie à cause de la flotte et de l’influence Anglaise), vous avez encore conscience de pouvoir défendre également certains intérêts en Italie et en Afrique du Nord . Car s’il est encore temps de re-devenir la puissance que fut votre royaume il ne faut plus tergiverser… !!!

Une bourgeoisie coloniale Espagnole et une élite Italienne pense, ici et là, peu de bien de ses maîtres actuels ou passés et tend l’oreille vers les sirènes de la France…Aimable Italie où Venise a vécu, où la Toscane moribonde est devenue l’Etrurie (Etrurie à laquelle vous aimeriez voir cédée le duché de Parme…) et où le Pape, après avoir passé plusieurs années sur les routes (suite à l’occupation des ses Etats par les troupes Françaises) et en exil chez vous à Valence n’est rentré à Rome que depuis 1799 .

La France, ce voisin et allié encombrant ! Grâce aux bons offices du prince de la paix, vous avez pu éviter, jusqu’à maintenant de trop vous impliquer dans les ambitieuses combinaisons de son remuant Premier Consul ! Depuis qu’un Bourbon d’Espagne, Charles III, a conclu le pacte de famille avec Louis XV, en août 1761, les sorts des deux pays ont presque toujours étés liés, hormis l’épisode de la coalition de 1792 . Cette alliance a déjà coûté à l’Espagne deux guerres avec l’Angleterre en 1762-1763 et 1779-1783 : elles lui ont permis de récupérer la Floride et Minorque, mais ont provoqué de graves saignées financières . Plus récemment, cette alliance fut aussi plus coûteuse que réellement bénéfique .

Certes ! La " guerre des Oranges " contre le Portugal permit à vos armées, sous le commandement éclairé de Don Manuel de remporter une brillante victoire et même d’occuper Lisbonne . Votre prestige ainsi que celui de la monarchie s’en est trouvé flatté voir ré-haussé ! .Malheureusement, sur mer, la défaite écrasante du cap St Vincent a consacré la décrépitude d’une flotte jadis si puissante et l’hégémonie Anglaise sur les mers…

Lors des négociations de paix, l’Espagne obtint, contre l’évacuation du Portugal, la restitution de ses colonies (occupées par les Anglais) et quelques avantages territoriaux comme la création du royaume d’Etrurie, placé sous la protection de la France (quasi maîtresse de l’Italie) pour votre gendre . Création qui n’a, pour l’instant, fait l’objet que d’un traité secret en échange de la restitution de la Louisiane Espagnole depuis 1762 à la république Française et attend une ratification officielle .

Puissance coloniale et commerciale l’Espagne reste un des acteurs majeurs de la politique internationale . Mais le récent affaiblissement militaire va de pair avec une crise perceptible dans les domaines politiques et économiques .

Paradoxalement, la situation intérieure est bien moins bonne ! Le royaume est constitué d’Hidalgos paresseux et insolents et d’une masse rurale conservatrice repliée sur elle même et fanatisée par une foule de moines et de prêtres xénophobes . Le clergé est l’une des composantes majeurs du paysage social Espagnol, où l’inquisition maintien dans l’obscurantisme le plus complet la population et ce malgré certaines aspirations de la bourgeoisie, attirée par les préceptes des " Lumières " et le réveil des régionalismes sous-jacents . Mais d’une part la bourgeoisie est encore bien trop faible pour constituée un acteur politique et social en tant que tel entre la noblesse et le peuple et, d’autre part les poussées régionalistes sont encore trop teintées des aspirations féodales d’indépendances de certains Grands pour vraiment faire bouger les choses…

Malgré ses nombreuses qualités, force est de constater que Don Manuel Godoy s’est montré quelquefois hésitant et maladroit dans sa politique intérieure . Décevant les Libéraux (incarnés par Jovellanos, partisan d’une constitution issue du modèle Anglais et le Comte de Floridablanca adepte du système Français plus radical) et inquiétant l’Eglise et la noblesse jalouses de leurs privilèges .

 

LE GOUVERNEMENT :

En partie constitué par des fidèles de Godoy (Cabbarus et Azanza), le gouvernement est presque quasi partagé entre les partisans du roi (auxquels sont assimilés ceux de Godoy) et les réformateurs menés par Jovellanos et l’Amiral Gravina . Seul représentant du parti des féodaux, le discret Duc del Parque .

 

 

 

 

 


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